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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 00:30

 

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En l'espace d'un court-métrage (Il fait beau dans la plus belle ville du monde) et deux longs (La Reine des pommes, La Guerre est déclarée), Valérie Donzelli est parvenue à s'ériger comme l'un des plus grands espoirs du cinéma français, mettant en place une filmographie inventive et personnelle. Main dans la Main était attendu au tournant (les critiques presses sont d'ailleurs plutôt mitigées) mais ne m'a aucunement déçue. Le film part d'un pitch étonnant que seule Valérie Donzelli pouvait trouver et oser. Cette comédie romantique "burlesque" se révèlera au final très drôle, mais aussi très juste dans son approche de notre relation à l'autre.

 

Quand Hélène Marchal et Joachim Fox se rencontrent, ils ont chacun des vies bien différentes. Hélène dirige la prestigieuse école de danse de l’Opéra Garnier, Joachim, lui, est employé d’un miroitier de province.

Mais une force étrange les unit. Au point que, sans qu’ils puissent comprendre ni comment, ni pourquoi, ils ne peuvent plus se séparer. (source : Allociné)

 

Main dans la Main débute comme une pure comédie. Les gags (très drôles) s'enchaînent, et cette histoire de "coup de foudre" tout à fait inhabituel se met rapidement en place. On s'amuse de voir Hélène et Joachim obligés de rester proches (malgré toutes leurs différences) et leur incapacité à rester maîtres de leur corps.

Jérémie Elkaïm et Valérie Lemercier sont particulièrement bons dans leur rôle, et l'alchimie entre les acteurs est tout de suite perceptible.

 

On prend néanmoins vite peur à l'idée que le concept (certes excellent) s'estompe vite. Au final il ne couvrira pas toute l'entièreté du film, ce qui est plutôt surprenant. Un baiser échangé entre Hélène et Joachim brisera le sort, les rendant ainsi de nouveau libres de leurs mouvements.

C'est cette idée de liberté qui rend le film particulièrement intéressant, cette idée de laisser respirer l'autre pour pouvoir ensuite mieux se retrouver. Hélène et Joachim s'intoxiquaient à vivre continuellement ensemble. Cela se retrouve également dans la relation qu'entretenait Joachim avec sa sœur Véro (interprétée par Valérie Donzelli elle-même) ou entre celle ambiguë d'Hélène et Constance (jouée par la toujours géniale Béatrice de Staël). Au fond tout le film semble nous dire qu'il faut accepter de laisser l'autre respirer, voir même le laisser s'en aller, avant que les choses ne deviennent trop étouffantes et prendre le risque que tout amour disparaisse (l'exemple des voisins d'en face qui s'accommodent d'une vie à trois par peur de voir celui qu'on a aimé partir).

Une idée donc des plus originales dans un film aux allures de comédie romantique. C'est plutôt osé, mais traité très intelligemment et avec grande subtilité dans l'ensemble du film. Les retrouvailles entre Hélène et Joachim n'en seront alors que plus jolies, car totalement voulues par les deux personnages. Leur départ à New York (rappelant la fin de La Reine des pommes) souligne encore une fois ce désir de liberté qu'ont les personnages, s'éloignant de toute leur vie passée qu'ils semblaient davantage subir plutôt que pleinement l'embrasser.

 

Si j'avais néanmoins une critique à faire au film c'est peut-être toute l'histoire concernant la maladie de Constance, amenant jusqu'à son décès. Les choses ont été un peu trop poussées à l'extrême, sans que cela ne soit à mon avis nullement nécessaire au discours tenu par le film. Heureusement l'humour très efficace fait passer tout cet axe sans trop de problème, ne plombant pas réellement le long-métrage.

 

Bref, Main dans la Main est de nouveau une réussite signée Valérie Donzelli. Le film n'a certes pas la force émotionnelle de La Guerre est déclarée, ni peut-être tout le charme de La Reine des pommes, mais reste tout de même l'une des meilleures choses que l'année 2012 nous ait amenée. J'ai pour ma part déjà hâte de découvrir le prochain projet de la réalisatrice.

 

 

Typh. 

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Published by Typh - dans Cinéma
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